1448 raisons de regarder le temps autrement

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Par Reghai Yasmina

Ce mercredi 17 juin 2026, le Maroc entre dans l’an 1448 de l’Hégire.

Une date discrète dans nos agendas saturés de notifications, de réunions et de comptes à rebours.

Pourtant, derrière ce changement de millésime se cache une autre manière de penser le temps.

Un Nouvel An à contre-courant

Le Nouvel An hégirien n’a rien du vacarme des réveillons modernes.

Ici, pas de feux d’artifice.

Pas de compte à rebours sur les places publiques.

Pas de promesses spectaculaires vite oubliées.

Au contraire, cette date avance presque silencieusement.

Elle s’installe comme une invitation à l’introspection plutôt qu’à la célébration.

L’Hégire, un récit de mouvement

L’Hégire ne désigne pas seulement le début d’un calendrier.

Elle raconte avant tout un déplacement fondateur.

Celui du Prophète Mohammed (paix et salut sur lui) quittant La Mecque pour Médine.

Ce départ fut à la fois un arrachement et une renaissance.

Certes imposé par les circonstances, il ouvre néanmoins la voie à une nouvelle communauté et à une nouvelle espérance.

Ainsi, cette migration devient un symbole universel de transformation.

Des hégires personnelles

Cette histoire ancienne résonne encore aujourd’hui.

Car chacun, à sa manière, traverse ses propres hégires.

Changer de métier.

Quitter une situation difficile.

Sortir d’une relation toxique.

Ou simplement recommencer après un échec.

En réalité, les véritables voyages ne sont pas toujours géographiques.

Ils sont souvent intérieurs.

Le temps autrement

Dans une époque qui valorise la vitesse et la performance, le calendrier hégirien propose un autre rapport au temps.

En effet, il suit le rythme de la lune, des cycles naturels et des saisons symboliques.

Une année lunaire est plus courte qu’une année solaire.

Pourtant, elle peut sembler plus dense en sens et en mémoire.

Ainsi, le temps ne se mesure plus uniquement en productivité.

Il se mesure aussi en transformation.

Une mémoire vivante au Maroc

Au Maroc, où traditions et modernité cohabitent au quotidien, ce Nouvel An prend une dimension particulière.

Il rappelle que l’histoire ne se résume pas aux grandes dates officielles.

Elle se construit aussi à travers des récits qui continuent d’habiter le présent.

Dès lors, cette commémoration devient un lien entre mémoire collective et expérience personnelle.

Vers quelle année intérieure ?

En ce 1er Moharram 1448, officiellement célébré ce mercredi 17 juin au Royaume, une question demeure.

Vers quelle direction intérieure souhaitons-nous avancer cette année ?

Car les changements les plus profonds ne font pas de bruit.

Ils commencent souvent par un instant de lucidité.

Puis par un choix.

Enfin par un premier pas.

Silencieux.

Mais décisif.

Votre chroniqueuse, qui voyage entre l’actualité, la mémoire et les émotions.