Le diplôme marocain : ce grand malentendu

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Par Reghai Yasmina

Au Maroc, le diplôme est roi

Au Maroc, le diplôme est sacralisé.
On l’encadre, on le photographie, on l’exhibe presque comme un trophée. Il symbolise la réussite, l’ascension sociale, la promesse d’un avenir stable.

Puis vient la réalité.
Et elle est souvent brutale.

Car ce diplôme, si chèrement acquis, ne garantit ni emploi, ni reconnaissance professionnelle, ni même cohérence entre formation et réalité du terrain.

Un parcours scolaire irréprochable… en apparence

Pourtant, tout a été fait « comme il faut ».
Des années d’études, des mentions honorables, des cours magistraux, des présentations PowerPoint, des examens où l’on apprend à répondre selon le cours.

Le résultat ?
Des diplômés sérieux, disciplinés, théoriquement compétents… mais souvent démunis dès qu’il faut analyser, décider ou sortir du cadre.

Le problème n’est pas le niveau académique.
Le problème, c’est le décalage.

Un système de formation en retard sur le monde réel

On continue à former comme si le monde du travail n’avait pas évolué.
Comme si réciter valait raisonner.
Comme si l’erreur était une faute et non une étape normale de l’apprentissage.

Ensuite, on s’étonne d’entendre les entreprises parler de manque de profils adaptés.

Mais adaptés à quoi, exactement ?
À un système qui valorise davantage le titre que la compétence ?
L’obéissance plus que l’initiative ?
Le diplôme plus que la pensée critique ?

Les compétences invisibles, mais essentielles

Pendant ce temps, d’autres avancent.
Sans diplômes prestigieux, parfois sans diplômes tout court.

Ils apprennent sur le terrain, se forment seuls, expérimentent, échouent, recommencent. Ils développent de vraies compétences : autonomie, adaptabilité, résolution de problèmes.
Ils progressent. Souvent dans le silence.

Le diplôme marocain : utile, mais surévalué

Soyons clairs : le diplôme marocain n’est pas inutile.
Il est surévalué… et surtout mal accompagné.

Un diplôme sans méthode de travail, sans soft skills, sans esprit critique, sans capacité à douter et à s’adapter, devient un simple papier rassurant.
Et extrêmement fragile.

Changer la bonne question

Il est peut-être temps d’arrêter de demander aux jeunes :
« Tu as quoi comme diplôme ? »

Et de commencer par une question bien plus pertinente :
« Tu sais faire quoi, concrètement ? »

Parce qu’aujourd’hui, ce n’est plus le diplôme qui fait la compétence.
C’est la compétence qui donne de la valeur au diplôme.

Votre chroniqueuse, celle qui pose la question que tout le monde préfère éviter.