Par Reghai Yasmina
Chaque année, le 8 mars arrive avec la délicatesse d’un bouquet de roses. Les discours fleurissent, les publications se multiplient, et soudain le monde semble se souvenir que les femmes existent. Pendant vingt-quatre heures, elles sont célébrées, applaudies, citées… parfois même écoutées.
Puis le 9 mars revient. Et la vie aussi.
Une journée nécessaire… et révélatrice
Le paradoxe de cette journée est fascinant. Elle est à la fois nécessaire et révélatrice.
Nécessaire, car elle rappelle une évidence qui ne devrait plus en être une : l’égalité n’est pas encore universelle.
Révélatrice, car elle montre combien la reconnaissance peut parfois ressembler à une parenthèse.
Pourtant, les femmes n’attendent pas une journée pour vivre pleinement. Elles travaillent, créent, élèvent, décident, doutent… et recommencent, chaque jour.
La femme plurielle d’aujourd’hui
La femme contemporaine est souvent multiple. Elle peut être mère, entrepreneure, étudiante, professeure, rêveuse, combattante silencieuse ou stratège du quotidien. Elle navigue entre ses ambitions et les attentes que la société continue parfois de lui assigner, comme si son identité devait toujours se justifier.
Le plus ironique ? La question n’est plus de savoir si les femmes sont capables. Cette discussion appartient au siècle dernier. La vraie question est ailleurs : sommes-nous prêts, collectivement, à accepter qu’elles occupent pleinement l’espace ?
L’égalité se construit au quotidien
L’égalité ne se décrète pas dans un discours ni dans un hashtag. Elle se construit dans les actes ordinaires :
- une fille encouragée à poursuivre ses études,
- une femme écoutée lors d’une réunion,
- une mère qui n’a plus à choisir entre ambition et culpabilité.
Ainsi, le 8 mars n’est pas seulement une célébration. C’est un miroir.
Un miroir qui oblige à regarder la société telle qu’elle est… et telle qu’elle pourrait devenir.
Et après les fleurs ?
Peut-être qu’un jour, lorsque l’égalité sera naturelle, cette journée deviendra inutile. Ce sera alors la plus belle victoire.
En attendant, les femmes continueront d’avancer. Pas un jour par an. Mais tous les jours.
Le 8 mars, on offre des fleurs, on publie des messages inspirants, on applaudit les femmes pendant vingt-quatre heures. C’est joli. C’est symbolique. Parfois même sincère.
Mais votre chroniqueuse a un souhait simple : que le 9 mars, le 10 mars et tous les autres jours, les filles continuent d’être encouragées à rêver grand, les femmes à être prises au sérieux, et que l’égalité cesse d’être un slogan pour devenir une habitude.
En attendant ce jour-là, votre chroniqueuse acceptera volontiers les fleurs du 8 mars.
